Lettre à mon fils

il y a de cela 20 ans, la vie m’a offert le plus cadeau qui puisse exister: TOI! Je me suis toujours dis qu’un jour je te raconterais comment s’est déroulée ta venue. aujourd’hui, jour de ton anniversaire, je pense que cette lettre tombe à pic!

Tu étais un enfant désiré, mon Aimé! Je t’attendais depuis si longtemps que lorsque j’ai appris que j’étais enceinte, j’ai cru que mon cœur allait exploser, un sourire jusqu’aux oreilles est apparu et les larmes de joie n’ont cessé de couler encore et encore. Après l’annonce à ton père, et aux grand-parents respectifs, j’ai pris le temps d’apprécier… Une fois l’euphorie de l’annonce passait, je me suis posée et me suis émerveillée de ce sentiment de bien-être, de communion avec mon corps. J’ai eu l’impression que mon esprit était totalement à l’écoute de tout ce qui se passait à l’intérieur, de tout ce que tu vivais à l’intérieur de mon ventre.

Tu étais un petit bébé qui bougeait sans cesse, j’ai eu le droit à des tournois de foot à répétition, jour et nuit!!! Je t’ai senti explorer le moindre recoins de mon ventre. Ces quelques mouvements m’ont fait souffrir mais c’était des douleurs nécessaires à ton développement. Je crois que c’est la première fois que j’acceptais la douleur comme une bénédiction!

On a beaucoup discuté tous les deux pendant ces neufs mois et souvent tu me répondais à ta manière. La plus amusante était lorsque tu te positionnais jusqu’à l’obtention d’une énorme bosse sur mon ventre, plusieurs fois j’ai même pu entrevoir ton pied à travers ma peau. Ces moments étaient magiques, un partage immense! Une sensation unique de ne faire qu’un!

Tu as été bercé par la musique ( tahitienne, reggae, funk, etc…). Tu réagissais également, surtout sur une chanson tahitienne. Je sais que tu t’en rappelles: « Akakino » de Teava Piti. Il faut dire que je dansais dessus à cette époque donc tu as dansé en même temps. Et dès qu’elle passait, tu dansais dans mon bidon.

Lorsque j’ai atteint les 5 mois de grossesse, le médecin m’a informé que j’avais de grands risques d’accouchement précoce. Ta mamie en sachant cela est venue m’accompagner pour les quelques temps restants. Mais là ce fut la bonne blague! Les dernières semaines, le médecin m’a fait venir à l’hôpital presque tous les jours. Il attendait ta venue presque plus que moi. Tout le monde était pressé de te voir débarquer dans nos vies.

J’avoue que j’avais hâte de te voir mais je n’étais pas pressée que tu sortes. J’étais tellement heureuse de partager ce moment avec toi, rien que nous deux, sans personne pour t’arracher à moi! Je n’avais pas envie de te partager!

Et puis, un matin, une fois ton père parti travailler, j’ai réveillé mamie en lui disant que c’était le bon moment. Des contractions étaient présentes toute la nuit, mon ventre était dur à un point que j’ai cru que ma peau allait finir par se déchirer. Et tu poussais vers le bas, je sentais ta tête. J’ai compris que tu étais prêt. Donc, j’ai tranquillement fait mon sac, ensuite on a marché jusqu’à chez une copine. Là on a déjeuné, je n’avais pas envie d’aller à l’hôpital le ventre vide. Je savais que j’aurais besoin de force pour t’aider à entrer dans notre monde. Mon amie nous a amené au CHU Morvan de Brest, mais avant on s’est arrêté prendre un jeu de carte.

Tu dois me prendre pour une folle mais je savais que tu prendrais ton temps. Il faut savoir que pour un accouchement précoce, le médecin s’est un peu planté: la naissance était prévue pour le 13 avril et t’as pointé le bout de ton nez la veille! Tu vois tu as pris ton temps!

Une fois le plus gros du travail terminé, et quelques parties de rami plus tard, mamie n’en pouvait plus. Elle me voyait souffrir et malgré tout garder le sourire. Je tenais à accoucher sans péridurale car je suis de celle qui pense que mettre au monde un petit être ne peut pas se faire sans vivre pleinement tout ce qui se passe. Donc j’ai vécu chaque douleur comme un pas que tu faisais pour me rejoindre.

Malheureusement, les heures passaient et tu ne venais pas assez vite, tu te fatiguais, il a donc fallu faire cette maudite piqûre. Et là, un drame, j’ai eu l’impression que l’on me volait cet instant merveilleux. J’ai eu droit à des « poussez madame », « plus fort », avec les forceps et une infirmière sur mon ventre à te pousser vers la sortie. Un cauchemar, à cause de la péridurale, je ne sentais plus rien, j’ai perdu la connexion avec toi au moment où tu en avais le plus besoin…

Une fois que tu es sorti, tu as été déposé sur moi. Et, j’ai su que plus jamais on me volerais un seul moment avec toi. Tu es devenu l’être le plus important de ma vie dès cette minute… Le sentiment le plus grand de l’univers est entré en moi: l’amour maternel!

Je t’aime depuis le premier jour et je serais toujours là pour toi.

Maman.

 

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