La maternité

Dès mon plus jeune âge, j’ai cru ressentir ce que l’on appelle l’instinct maternel, pas celui que l’on imagine, mais une immense attirance pour tous les petits bouts de chou, une envie de les aimer, les protéger…

Le plus drôle c’est que lorsque l’on me demandait ce que je voulais faire plus grande, dans mon fort intérieur,je me disais « je serais une maman ».

La  première fois que j’ai compris ce qu’était réellement l’instinct maternel, c’est le jour où j’ai senti mon bébé bougeait dans mon ventre. C’est difficile à expliquer, j’ai ressenti une joie immense, l’espace d’un instant c’est l’apothéose du bonheur. J’avais un petit être qui prenait vie en moi. C’est ce jour là que j’ai compris à quel point l’amour d’une mère était grand.

Aujourd’hui, j’ai accompagné mon petit garçon de 6 ans chez son thérapeute. J’ai assisté à sa première séance et même participé. Le psy m’a posé diverses questions concernant la grossesse de mon fils, sa naissance et les semaines qui ont suivi. Il a fait quelques exercices avec lui.
La technique utilisée est l’EMDR, c’est une sorte d’hypnose qui a pour but, si j’ai bien compris, de reprogrammer le cerveau afin d’effacer les traumatismes.

Mais là, ce fut le choc. Mon fils a exprimé des choses qu’il n’est pas sensé savoir. La plus dure fut « il y a la mort dans le ventre de maman »!!!

Le psy, vous l’imaginez, s’est tout de suite retourné vers moi. Il a fait en sorte que mon enfant soit occupé et il m’a posé des questions sur mes grossesses. Et, en faisant le point, j’ai réalisé que j’en étais à 11 grossesses avec 5 enfants à terme. C’est flippant!!!

Entre mon deuxième enfant et mon troisième, il y a 12  ans d’écart. Durant ces quelques années, j’ai subit diverses traitements pour ma maladie et malheureusement, les moyens de contraception n’ont pas beaucoup fonctionné. J’ai eu 6 grossesses interrompues soit par fausses couches, soit pour des raisons médicales (malformations dues à mes chimios).

Cette réalité m’a frappé cette après-midi, j’ai perdu 6 enfants. Non pas que j’en voulais autant mais pour une fille qui se dit avoir la fibre maternelle, c’est pas une réussite!

Que je soit claire, le débat d’aujourd’hui ne tourne pas sur les interruptions de grossesse: bonne ou mauvaise décision?  En ce qui me concerne, personne n’a vécu cela à ma place et n’a souffert pour moi! Alors, aucun jugement…

Quoique, j’ai dû faire face aujourd’hui à un jugement…Le mien! Une fois la séance terminée et le calme retrouvé, j’ai voulu laisser s’échapper tout cela lors d’une petite méditation de pleine conscience. Mais, je n’ai pas pu la faire car la première image qui m’est apparue c’est que mon utérus était un cimetière!!! Je connais une personne qui va sauter au plafond en lisant cela. Mais le seul moyen que j’ai trouvé de ne pas me laisser envahir par cette idée était de la poser sur l’écran. Quelle horrible vision de la maternité!!! Et l’idée que mon fils visualise cela me terrifie.

J’ai trouvé l’image par laquelle je veux être envahi: celle que mon utérus est tel un jardin qui, après avoir subi un incendie dévastateur, a laissé un petit bourgeon éclore et poussé en son sein. Je vais parlé à mon fils de ma grossesse et de toutes les joies qu’elle m’a apporté, ainsi que de sa naissance. Je veux qu’il comprenne que mon ventre est le berceau de sa vie, et que ce fut pour moi un vrai bonheur!!!

 

 

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