Archive pour mars, 2016

La maternité

31 mars, 2016

Dès mon plus jeune âge, j’ai cru ressentir ce que l’on appelle l’instinct maternel, pas celui que l’on imagine, mais une immense attirance pour tous les petits bouts de chou, une envie de les aimer, les protéger…

Le plus drôle c’est que lorsque l’on me demandait ce que je voulais faire plus grande, dans mon fort intérieur,je me disais « je serais une maman ».

La  première fois que j’ai compris ce qu’était réellement l’instinct maternel, c’est le jour où j’ai senti mon bébé bougeait dans mon ventre. C’est difficile à expliquer, j’ai ressenti une joie immense, l’espace d’un instant c’est l’apothéose du bonheur. J’avais un petit être qui prenait vie en moi. C’est ce jour là que j’ai compris à quel point l’amour d’une mère était grand.

Aujourd’hui, j’ai accompagné mon petit garçon de 6 ans chez son thérapeute. J’ai assisté à sa première séance et même participé. Le psy m’a posé diverses questions concernant la grossesse de mon fils, sa naissance et les semaines qui ont suivi. Il a fait quelques exercices avec lui.
La technique utilisée est l’EMDR, c’est une sorte d’hypnose qui a pour but, si j’ai bien compris, de reprogrammer le cerveau afin d’effacer les traumatismes.

Mais là, ce fut le choc. Mon fils a exprimé des choses qu’il n’est pas sensé savoir. La plus dure fut « il y a la mort dans le ventre de maman »!!!

Le psy, vous l’imaginez, s’est tout de suite retourné vers moi. Il a fait en sorte que mon enfant soit occupé et il m’a posé des questions sur mes grossesses. Et, en faisant le point, j’ai réalisé que j’en étais à 11 grossesses avec 5 enfants à terme. C’est flippant!!!

Entre mon deuxième enfant et mon troisième, il y a 12  ans d’écart. Durant ces quelques années, j’ai subit diverses traitements pour ma maladie et malheureusement, les moyens de contraception n’ont pas beaucoup fonctionné. J’ai eu 6 grossesses interrompues soit par fausses couches, soit pour des raisons médicales (malformations dues à mes chimios).

Cette réalité m’a frappé cette après-midi, j’ai perdu 6 enfants. Non pas que j’en voulais autant mais pour une fille qui se dit avoir la fibre maternelle, c’est pas une réussite!

Que je soit claire, le débat d’aujourd’hui ne tourne pas sur les interruptions de grossesse: bonne ou mauvaise décision?  En ce qui me concerne, personne n’a vécu cela à ma place et n’a souffert pour moi! Alors, aucun jugement…

Quoique, j’ai dû faire face aujourd’hui à un jugement…Le mien! Une fois la séance terminée et le calme retrouvé, j’ai voulu laisser s’échapper tout cela lors d’une petite méditation de pleine conscience. Mais, je n’ai pas pu la faire car la première image qui m’est apparue c’est que mon utérus était un cimetière!!! Je connais une personne qui va sauter au plafond en lisant cela. Mais le seul moyen que j’ai trouvé de ne pas me laisser envahir par cette idée était de la poser sur l’écran. Quelle horrible vision de la maternité!!! Et l’idée que mon fils visualise cela me terrifie.

J’ai trouvé l’image par laquelle je veux être envahi: celle que mon utérus est tel un jardin qui, après avoir subi un incendie dévastateur, a laissé un petit bourgeon éclore et poussé en son sein. Je vais parlé à mon fils de ma grossesse et de toutes les joies qu’elle m’a apporté, ainsi que de sa naissance. Je veux qu’il comprenne que mon ventre est le berceau de sa vie, et que ce fut pour moi un vrai bonheur!!!

 

 

les psy et leurs travers

17 mars, 2016

aujourd’hui, j’ai fait la rencontre d’un psychiatre qui, pour la première fois m’a donné l’impression qu’il allait pouvoir m’aider.

Je n’ai jamais eu une très haute opinion des psychologues, psychiatres et tous les autres spécialistes qui décortiquent votre comportement. Etant très jeune, mon grand a été suivi par un psychologue. La prise en charge avait été demandé par l’école qui le trouvait beaucoup trop perturbé en maternelle. Je n’avais pas besoin d’un diplôme pour savoir que n’importe quel enfant avec un père biologique compliqué (pour être poli), un beau-père, et une maman gravement malade pouvait éprouver quelques difficultés. Mais ce qui m’a tué dans cette situation c’est le rejet complet de ma personne.

En tant que parent, on m’a demandé l’autorisation pour faire les démarches nécessaires pour qu’un suivi psy soit mis en place. Et bien sûr, pour qu’il est les meilleures cartes pour débuter dans la vie, je me suis dit qu’il fallait l’aider et j’ai donc accepté. Mais, une fois l’autorisation partie, je n’existais plus. Il n’y a eu aucun contact avec le spécialiste, pas d’information, rien…

Un jour, au bout de plusieurs mois, j’ai demandé un rendez-vous avec le médecin de mon fils. Je voulais savoir si je devais faire des changements dans notre vie pour améliorer celle de mon fils, si je pouvais aidé en quoique ce soit car je me sentais impuissante face à la détresse de mon enfant. Et là, la réponse fut terrible à entendre: « Madame, le suivi que j’ai avec votre fils ne vous regarde en rien. je n’ai pas à vous donner d’information. Cela ne vous concerne pas! »

Je crois que jamais personne ne m’a autant coupé le souffle que celui-ci. J’ai eu l’impression de ne pas être reconnue en tant que mère. En fait, je n’étais à ses yeux d’aucune utilité pour mon fils. Un choc!!!

Depuis, près de deux ans, mon troisième est lui aussi pris en charge par une pédopsychiatre. Et c’est la même chose, elle n’écoute pas ce que je lui dit car pour elle tout va bien. Sauf qu’elle le voit seul dans un bureau fermé. Lorsque je lui explique qu’au delà de trois personnes, c’est Bagdad en plein champs de mine! Et que l’école pense qu’il lui faut une AVS, pas de réponse. Depuis peu, plus moyen de la contacter, personne au bureau (peu importe l’heure à laquelle je me présente), pas de boite vocale pour laisser un message, pas de boite aux lettres pour un éventuel courrier. RIEN… J’ai donc pris la décision de l’emmener voir quelqu’un d’autre.

Vous allez croire qu’on est tous fous dans ma famille. Je vous rassure loin de là. Je crois qu’en fait mes enfants ressentent les choses, les gens, tout ce qui les entoure cent fois plus que les autres. Comme un poisson rouge pris dans une grosse tempête en pleine mer. La moindre émotion est multipliée par cent!!! Et il faut réussir à gérer tout cela.

Et, le psychiatre que j’ai rencontré aujourd’hui m’a tout de suite mise en confiance. Il y a une vraie discussion. J’ai le droit d’accompagner mon fils s’il le désire. Il cherche à trouver l’origine du malêtre du patient même en allant jusqu’aux aïeuls si nécessaire.  Il sait l’opinion et le vécu par rapport à sa profession et il a même confirmé que beaucoup font travailler leur tiroir caisse pour un patient aussi longtemps que possible.

En tout cas, mon grand a demandé à le revoir dès la semaine prochaine. C’est déjà un bon début, pour le reste, j’attends de voir. J’ai bon espoir…

Je ne sais pas si je vais changer d’opinion sur les psy, j’en ai eu un pendant un temps et je l’avoue, cela m’a fait du bien. Mais je comprends que l’on ne soit pas à l’aise avec l’idée de devoir raconter sa vie à un étranger. En plus, on le paye pour qu’il nous dise ce qu’il en pense même si cela ne nous plaît pas. Ce qui est certain c’est qu’il est souvent plus facile de se dévoiler à une personne étrangère qu’à des proches car la vérité peut faire mal. Et, personne n’aime blesser ses proches.
Avoir un regard neuf, extérieur à toute votre vie, peut être un très bon coup de main!

le printemp

15 mars, 2016

Les beaux jours ont l’air de s’installer. On commence à parler de promenade, de plage et de petits café en terrasse. Dès qu’il y a un rayon de soleil, on a tendance à s’ouvrir aux autres, les sourires réapparaissent sur le visage des gens, bref… un peu de bonheur, de chaleur, hummm… Les vacances arrivent donc on espère prévoir quelques sorties ensoleillées avec nos chérubins. On ne demande pas de pique de chaleur mais juste une accalmie de fraicheur, oublier la grisaille de l’hiver.

Le printemps et l’automne sont mes saisons préférées, contrairement à ce que l’on pourrait penser d’une fille des îles, je ne suis pas une accroc des beaux étés chauds sur la plage!

J’aime ce que je ressens au printemps. Je ne suis pas de ces filles qui vivent en harmonie avec la nature, à cultiver bio, à crier haut et fort pour la survie de telle ou telle espèce animale ou végétale. Mais j’aime ressentir les premiers rayons du soleil derrière la fenêtre , cette lumière qui me tente à juste sortir prendre l’air. Ensuite, j’ose, je m’expose avec mon gilet, je sens les odeurs des premiers bourgeons. Je vois le jardin de ma maman prendre vie doucement. Je suis plus attentif aux chants des oiseaux le matin… On dirait que la nature renaît… J’aime à penser que c’est le moment pour moi de prendre tout ce que la nature me donne. J’ai l’impression qu’il est temps de se ressourcer.

Dans quelques semaines, je vais partir en cure. Trois semaines de repos, hors de chez moi, loin de mes enfants, mon mari, ma famille, mes amis… mais aussi de tous ces problèmes qui ‘obsèdent sans cesse. J’espère que les solutions vont fleurir comme le reste. Que mes enfants iront mieux à l’avenir, que ma famille se pardonnera et sera réunie à nouveau…  Ils vont me manquer mais je vais en revenir plus forte, plus reposer et en meilleure forme.

C’est là-bas que je vais fêter mes 40 printemps, accompagnée de ma maman. Normalement, cette date anniversaire est sensée mettre un terme à ce blog. Et oui, l’idée de départ était de faire le point avant d’y arriver. On verra…

Doucement mais sûrement…

7 mars, 2016

Après un long temps de pause, il est temps de s’y remettre. Non pas qu’il n’y avait aucun sujet, je vous l’ai dit ma vie est un long fleuve tourmenté mais un grand besoin de se retrouver seule s’est fait sentir.

Il est compliqué de trouver une issue à vos problèmes quand ils arrivent de tous côtés. On ne sait plus où donner de la tête, on cherche des solutions mais les moments de répit sont de moins en moins fréquents.

En ce qui me concerne, c’est un mélange entre les soucis d’argent (pas mortel), les problèmes familiaux (qui apporte tristesse et colère) et les ennuis de santé (presque invivable). Un sacré bazar!

Donc pour gérer tout cela, on fait appel aux parents, amis et professionnels. Entre repas de concertation, petit café pour se changer les idées avec les ami(e)s, rendez-vous pour les papiers, etc… On passe sa semaine à courir, quémander, pleurer, espérer et à se fatiguer… Bref, l’épuisement physique et moral prend place!!!

Je suis suivie depuis quelques années par une amie, elle m’aide à prendre conscience de mon corps. Et surtout de ce qu’il me raconte. Etant très sceptique au départ, je dois avouer que je me sens bien mieux depuis que je suis ces conseils. Tout n’est qu’une question de point de vue mais ça je vous l’ai déjà dit auparavant dans un de mes article.

Je me suis rendue compte qu’il faut affronter les problèmes dans l’ordre d’importance. Le premier point qu’il me faut résoudre: le cancer de l’utérus! Une chimiothérapie, un peu de réflexologie, de relaxation, des petits massages par ci par là, une famille qui vous soutient (peu importe les soucis), des ami(e)s qui font office de barres vitaminées et le tour est joué!

Résultat: Plus qu’une tumeur à vaindre!!!

Pour le reste du bazar, on verra… les choses vont se résoudre l’une après l’autre…